Retour aux articles
samedi 25 juillet 20260 vues0

Hermes Agent : le guide pratique (CLI, skills, crons, kanban)

Mike Codeur

Agents
IA
Productivité

Hermes Agent : le guide pratique

Dans la vidéo précédente, j'ai installé Hermes sur un VPS en mode root. Une heure de vidéo. Utilisateur dédié, sudoers, sécurisation — la partie technique, en détail.

Celle-ci est différente. C'est le guide pratique : comment je m'en sers vraiment, tous les jours.

Et si tu retiens une seule chose de cet article, que ce soit l'ordre des couches :

VPS → CLI → skills → board.

Si tu sautes les CLI, tout ce qui vient au-dessus est bancal. J'y reviens.

L'installation, la version courte

L'installation root, je l'ai faite en vidéo. Elle prend plus d'une heure si tu veux la régler et la sécuriser proprement. Si tu veux ce niveau de détail, c'est dans cet article.

Mais moi, pour mes tests et mes vidéos, j'utilise l'installation managée. En deux clics.

Le principe : tu prends un VPS, tu vas dans le catalogue d'applications Docker, tu cherches Hermes Agent, et tu as une instance préconfigurée. Un KVM 2 suffit largement pour faire tourner ce type d'agent.

Deux points à noter au moment du déploiement :

  • Le nom d'utilisateur (hermes) et le mot de passe admin. Si tu les oublies, pas de panique : tu les retrouves dans les variables d'environnement du projet.
  • Deux façons d'y accéder : le terminal directement dans le navigateur, ou en SSH comme d'habitude si tu es un peu plus geek.

Connecte ton modèle, sinon tu ne fais rien

Tant que tu n'as pas de modèle branché, Hermes ne sert à rien. C'est la première chose à faire sur une nouvelle instance.

Tu as un peu de crédit de base avec un modèle par défaut, mais ça part vite. Moi je branche mon abonnement.

hermes model

Tu peux le faire en SSH avec la commande, ou passer par le dashboard — les deux marchent. Dans mon cas je connecte Codex CLI en OAuth, ce qui me permet d'utiliser mon abonnement ChatGPT au lieu de payer à l'appel. Tu récupères un code, tu le colles, et c'est branché.

Je reste sur GPT-5.5 alors que la 5.6 est dispo, juste pour ne pas cramer trop de tokens.

⚠️ Le point important sur Claude. Tu ne peux pas utiliser ton abonnement Claude comme chatbot dans Hermes. Tu peux passer par l'API, mais ça coûte cher. La vraie solution, c'est de déléguer à Claude Code — j'explique comment plus bas.

Les trois interfaces

Hermes s'atteint de trois façons, et elles ne servent pas à la même chose.

InterfaceAccèsPour quoi faire
TUISSHLe terminal brut. Austère, mais c'est là que tout marche
DashboardPort 80Chat, crons, skills, plugins, channels
Hermes Web UIPort 8787Le kanban, les tâches parallèles, les sous-agents, les logs

Le Web UI n'est pas installé de base. Tu peux passer par le catalogue, ou — c'est ce que j'ai fait — le lui demander. Je lui ai donné le lien de la doc et il l'a installé tout seul.

Deux pièges, quand même :

  1. Il l'installe en interne. Il faut lui demander explicitement de l'exposer pour y accéder depuis l'extérieur. Et il ne comprend pas du premier coup — il te dira que c'est démarré, parce que de son point de vue c'est vrai. Il faut avoir en tête la différence entre IP interne et IP externe pour savoir quoi lui demander.
  2. Deux réglages restent à faire à la main : ouvrir le port 8787 dans le YAML editor du Docker, et ajouter une règle dans le firewall autorisant le trafic TCP/UDP sur ce port.

Dernière chose : toutes les commandes ne sont pas disponibles dans les trois environnements. C'est bon à savoir avant de chercher pendant dix minutes une commande qui n'existe pas là où tu es.

Les commandes à connaître

Commence par /help. Il y en a un gros paquet, et c'est la commande que tu dois maîtriser.

Celles que j'utilise vraiment :

  • /personality — switcher de personnalité. Technique, créatif, teacher, pirate… tu peux définir les tiennes. C'est un peu fun, mais c'est sympa.
  • /rollback — revenir en arrière sur des fichiers. L'équivalent du rewind de Claude Code.
  • /steer — corriger sans interrompre. Il est en train d'analyser des logs, tu lui glisses une deuxième instruction, il l'intègre sans casser la première. Vraiment pas mal.
  • /learn — ce que tu viens de faire devient un skill. Tu bosses sur l'architecture d'un projet, tu fais /learn, il la comprend et la garde.
  • /suggest — il te dit quoi automatiser.

À côté de ça, tu as tout ce qui touche aux sessions (new, clear, history, save, retry, undo, title, les branches) et tout le reste : kanban, mémoire, crons, skills, plugins, tools.

Les CLI : les mains de ton agent

C'est la partie que tout le monde saute. C'est la plus importante.

Un CLI, c'est une main que tu donnes à ton agent. Sans main, il essaie de contourner — et il n'est pas très doué pour ça.

La démo qui parle d'elle-même. Je demande la même chose à deux instances : « liste-moi les projets de mon repo GitHub ».

  • Sans le CLI gh : il mouline, il tente du HTTP, il bricole des scripts, et il sort une liste complètement à la ramasse qui n'a rien à voir avec ce que je voulais.
  • Avec gh : quelques secondes, tous mes repos. Et derrière, il peut faire des pull requests, regarder les dernières revues, les déploiements, les commits, les branches.

Même histoire avec les transcripts YouTube. Sans yt-dlp, il part sur un fetch bricolé et se perd. Avec, je lui dis « récupère-moi les SRT » et il me sort le fichier.

Les CLI que j'ai installés :

CLICe que ça débloque
ghGitHub : repos, PR, revues, commits, branches
yt-dlpVidéos YouTube, audio, sous-titres
gcalcliLe calendrier
himalayaEnvoyer des emails
jq, rgManipuler fichiers et données — le socle
duckdbUne base de données embarquée en CLI
gwsGoogle Workspace : auth, domaines, serveurs
vercel, stripe, supabaseDéploiements, paiements, base
ffmpegConversion vidéo
claude, codex, opencodeDéléguer à d'autres agents
uvLes scripts Python

Sur Google Workspace en particulier : configurer les authentifications, les domaines, les serveurs, c'est extrêmement pénible à la main. Les agents savent très bien faire ça.

Les skills ne sont efficaces que si les bons CLI sont là en dessous. Les CLI d'abord, les skills par-dessus.

Et un point qui va à contre-courant : j'utilise de moins en moins les MCP, de plus en plus les CLI. Le réflexe à prendre, c'est de chercher un SaaS qui a une API, et de donner la doc de l'API à l'agent. Pas besoin de MCP.

Bonus si tu viens d'OpenClaw : tes skills s'importent, et ils fonctionnent quasi immédiatement. J'ai récupéré comme ça mon skill Google Calendar, Gmail, mon brief du matin, mes newsletters, ma veille, mon deep research.

Mes use cases

Les use cases, c'est ton business. C'est infini, ça dépend de ton activité et de ta créativité. Voilà les miens, pour te donner une idée de ce que ça donne en vrai.

Les crons

Trois tournent tous les jours chez moi :

  • Le brief du matin. Météo, calendrier, tâches en cours, emails importants. Livré par email et sur Telegram.
  • La veille techno. Un top 3, les sorties du jour, reçu sur Telegram et WhatsApp, et formaté par email. Il finit même par une recommandation de contenu que je suis libre de suivre ou pas.
  • L'audit de sécurité. Un skill qui lance pnpm audit, Trivy et Snyk, puis pousse jusqu'au pen test. Si un truc sort, je suis alerté automatiquement. Je n'ai pas à y penser — c'est proactif.

Pour créer un cron : tu le promptes, ou tu passes par le dashboard (date, prompt, skill de référence, canal de livraison, profil, modèle).

Le support email — zéro inbox

J'utilise Front. L'agent traite les emails qui arrivent chaque jour :

  • Le spam, il archive tout seul.
  • Les accusés de réception (les gens qui répondent à la newsletter « ok bien reçu »), il répond tout seul.
  • Les demandes de ressources, il prépare l'email — mais en draft. Pas envoyé.
  • Les collaborations, il les analyse et leur met une note sur 5. Je regarde, et si ça ne me plaît pas je mets un commentaire en le mentionnant : « à supprimer » ou « à répondre ». Il s'en occupe derrière.

Ça a remplacé un job d'assistante. Avant, elle mettait tout à la poubelle. Mon agent traite mieux.

Build feature avec Claude Code

Tu ne peux pas utiliser ton abonnement Claude comme chatbot dans Hermes. Mais tu peux installer le CLI Claude Code sur le VPS et lui déléguer le développement.

Anthropic voulait couper cet usage au 15 juin. Ils sont revenus en arrière : c'est inclus à 100 % dans les abonnements Pro et Max. Tu peux donc utiliser ta souscription à fond, avec les derniers modèles.

Mon skill build-feature enchaîne :

  1. Prérequis — vérifier que l'état du repo n'est pas foireux
  2. Branche + worktree — le dev se fait à part, ce qui permet de lancer plusieurs features en parallèle
  3. Implémentation
  4. Vérification — test, build
  5. Commit
  6. Pull request GitHub (et donc encore une fois : il faut gh)
  7. Rapport envoyé directement

Avec une règle critique : jamais de commit sur main, master ou dev. Toujours sur une branche à part.

Je l'utilise sur des choses cadrées. Un bug identifiable sur mon SaaS, un changement de libellé, un truc sur lequel je suis relativement confiant. Je le laisse travailler, je relis la pull request, et si ça correspond je merge — ça part en production.

Ça fait un peu peur au début de laisser un agent coder, commiter, pousser, ouvrir des PR. Mais si c'est bien cadré, si tes skills sont bien faits et que tu maîtrises ton architecture, tu peux faire plus de 50 % du développement comme ça. Le reste — les choses vraiment poussées — tu les développes en local avec Claude Code. Ça reste la meilleure manière de développer.

La recherche approfondie

Mon use case préféré, et de loin.

Trois sources branchées :

  • Brave Search API pour la recherche web. La version gratuite suffit largement pour démarrer.
  • Jina pour lire les posts sur X (sinon il faut payer l'API). Ça marche une fois sur deux, mais c'est mieux que rien.
  • Supadata pour les transcripts de vidéos YouTube, avec yt-dlp en fallback s'il n'y arrive pas.

Le workflow du skill :

  1. Cadrage — il reformule ma demande, et il me pose des questions si c'est flou
  2. Exploration large avec Brave — il retient les 5 à 10 URLs les plus pertinentes
  3. Lecture approfondie — les pages, les posts X, et les vidéos YouTube qu'il trouve : il va lire les transcripts, les interpréter
  4. Synthèse

Pourquoi c'est celui que je préfère : ça fait plus de sept ans que je crée du contenu. Pendant des années, je récupérais la donnée à la main, je la stockais dans mon coin, je faisais mes synthèses moi-même.

Là, je peux être sur mon téléphone, lui balancer une idée qui me passe par la tête, et il compile tout. Après, c'est moi qui décide si ça vaut un contenu ou pas. Mais j'ai la matière première.

Les visuels

Je ne prompte pas mes schémas à l'arrache à chaque fois. Tout est dans des skills, avec templates, police et couleurs définies une bonne fois pour toutes.

  • Nano Banana — deux thèmes, un catalogue de layouts : fan out, kanban, timeline horizontale, scène interactive
  • Excalidraw — généré puis partagé directement sur Supabase, je le récupère derrière
  • Slides HTML — un thème défini, les titres, les sous-titres, les effets, et 20 % de la largeur réservée à droite pour la caméra

Ça demande d'y réfléchir une fois. Après, tu réutilises et tu laisses aller ta créativité.

Le pipeline de contenu

C'est là que tout se recolle. À partir d'une seule source — la vidéo — il produit :

  • Le prompt de miniature pour mon SaaS de thumbnails. Il connaît le sujet de la vidéo, il propose les angles. Je peux soit appeler directement les API du SaaS, soit récupérer juste les prompts pour pouvoir les éditer.
  • Les posts LinkedIn et X. Il sait que le format n'est pas le même entre X, LinkedIn et Bluesky, et il adapte.
  • La programmation sur Typefully, via leur API.
  • Les articles de blog, en français, anglais et espagnol. Il connaît mes API, il crée l'article, il met l'image, il met le lien vers la vidéo.
  • Le lien court mkc.sh avec les UTM, injecté automatiquement dans chaque post.
  • La mise à jour du content registry — un process interne : à chaque nouveau contenu, on met à jour le registre.

Le lien court, c'est ce qui rend le reste mesurable. Un exemple concret : sur une de mes vidéos, 668 clics. 458 depuis LinkedIn, 171 depuis X, et quasiment rien sur Bluesky. Je ne me connecte jamais à la plateforme de tracking — c'est automatique.

Et pour être clair : ce n'est pas moi qui rédige ces posts, et je n'ai pas honte de le dire. C'est du contenu que j'ai créé, sur lequel j'ai bossé, dont j'ai fait la recherche. Que l'IA le condense en post ne me dérange pas.

Le kanban : ce qui survit à la session

Il y a une limite à tout ce qui précède.

Une commande goal, un background, un simple prompt — tout ça meurt avec la session. Ta session a une durée de vie, tu es limité en tokens, et après on oublie.

Le kanban, lui, est sauvegardé. Il persiste même si tu redémarres.

Comment ça marche :

  • Tu crées des boards (création de contenu, démo vidéo…)
  • Dedans, des tâches que tu peux assigner à des agents plus précis : un writer, un publisher, un designer
  • Tu peux les prompter, ou les créer à la main

Le vrai gain est là : passer d'un enchaînement séquentiel (le short link, puis le post LinkedIn, puis le post X, puis le prompt de thumbnail, puis l'article) à du parallèle. Tu donnes la vidéo source, tu dis « lance tout ça en parallèle dans un kanban », et il découpe.

Quand utiliser quoi :

BesoinL'outil
Automatique et récurrentSkills + crons
Long, parallèle, et tu veux revenir voir où ça en estKanban

Le récap

Quatre couches, dans cet ordre :

  1. Un VPS — l'agent tourne 24h/24, indépendamment de ta machine
  2. Des CLI — les mains. Sans eux, tout le reste bricole
  3. Des skills — tes process, écrits une fois
  4. Un board — pour ce qui doit survivre à la session

Avec juste les CLI et les skills, tu organises déjà toute ton activité. Le board, c'est l'étage au-dessus.


🎥 La vidéo complète (démos, écrans, et les pièges en direct) : Hermes Agent — tous les use cases & skills

📬 Chaque semaine, je partage mes workflows d'agents IA dans The Agentic Dev : s'abonner

Et si tu veux comprendre comment mes agents partagent la même mémoire, c'est par ici.

Rejoins The Agentic Dev

Chaque semaine : outils, workflows et stratégies pour coder avec les agents IA comme un pro.

Workflows agentic testés en prod
Outils IA qui marchent vraiment
+35 000 développeurs déjà inscrits

Gratuit · 1 email / semaine · +1250€ de formations offertes